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Regard sur les régimes

Écrit par 
avant apres Beaucoup essayent un régime, puis un autre …et pourquoi pas un troisième, la publicité sait si bien nous montrer les photos comparatives de personnes « avant » le régime et « après »!

Majoritairement, au début, ça fonctionne et les personnes sont ravies.
Le temps passe, les propositions dans les magasins sont toujours plus alléchantes, le stress au quotidien entraine des entorses au régime initial et, ce, de plus en plus souvent.
Les repas en famille et entre amis deviennent autant d’occasions où l’on se permet de lâcher un peu jusqu’à se laisser aller complètement tant la rigueur et la persévérance demandées au quotidien sont impossibles à maintenir sur le long terme.

Les kilos reviennent doucement mais surement.
Encore plus nombreux à chaque fois.
Les mauvaises habitudes alimentaires sont reprises.
Certains se résignent ou se consolent : « après tout, on a qu’une vie ! » d’autres vont se juger toujours plus sévèrement et être envahis par la culpabilité : « je suis nulle, incapable, bonne à rien… »

Survient alors soit un regain de motivation soit malheureusement un ennui physique qui va obliger la personne a de nouveau se poser la question.
Mais, comment s’y retrouver dans cette jungle des régimes ? Qui croire ? Qui suivre ? Pourquoi les nutritionnistes ne sont-ils pas d’accord entre eux ! Certains préconisent certains aliments, d’autres l’inverse.
Alors qu’est ce qui est bon pour moi ? Et si je me trompe encore une fois ?

Prenez un peu de recul, regardez les choses en face.
Tout ce processus se résume-t-il simplement à une affaire de diététique ? Il y a fort à parier que non sinon le taux de réussite serait beaucoup plus important. Avec le recul aujourd’hui, les statistiques avancent les chiffres de 75% à 95% d’échec !

Ne vous méprenez pas.
Je ne suis pas en train de dire qu’il n’y a pas de solution, bien au contraire.
Par contre, il n’y a pas de solution unique et universelle.
Devenez en bien conscient.
Il y a des réalités connues de fonctionnements biologiques, certes, pour autant les humains ne sont pas des machines contrairement à ce que certains essayent de nous faire croire.
Cela sous-entend que, dans la majorité des cas, d’autres paramètres sont à mettre en conscience et à travailler pour la personne si elle veut un changement durable.

En réalité, il y a la solution qui vous convient, à vous, à votre corps, à votre histoire.
Cela demande une véritable implication de votre part, un discernement personnel et une prise de responsabilité. Rien que cela !
Vous avez besoin de conseils et d’être accompagné c’est certain.
Pour autant, déléguer à quelqu’un d’autre la recherche de LA solution est une illusion.
Tout comme croire que seul le changement d’alimentation règlera définitivement votre problème.

Preuve en est, certaines réalités que l’on pourrait qualifier d’extrême où des personnes réussissent à perdre du poids de manière significative par la rigueur et le bistouri, pour finalement se trouver encore plus malheureuses qu’avant, sans comprendre bien sur ce qui se passe.
Ou bien encore ceux qui ne supportent pas la transformation de leur corps, de leur image durant leur régime et préfèrent retrouver leurs rondeurs.
Comme cela, au moins, ils se reconnaissent (ou sont reconnus !).

Mais pour l’instant, restons dans la sphère alimentaire et regardons la tendance actuelle des régimes.

Pendant longtemps (et encore d’actualité pour certains) l’accent a été mis sur le gras.
Le gras était le grand responsable du surpoids et des maladies cardio-vasculaires en sus.
Le message a très bien été intégré puisque régulièrement les personnes me disent : « je ne comprends pas, j’ai arrêté toutes les graisses et je ne perds pas un gramme ».
Cela a touché tous les ménages et l’industrie agro-alimentaire a répondu à la demande en développant les produits « light ».
Cependant, enlever la graisse aux aliments leur fait perdre leur onctuosité et leur goût.
Ils deviennent fades, peu attrayants et, en conséquence, difficilement vendables.
Solution trouvée : des sucres, des édulcorants et des arômes, sous diverses formes, sont rajoutés.
Les consommateurs eux-mêmes, de leur côté, éduqués à ne plus consommer de graisses, augmentent leur consommation de « sucres » pour compenser le manque ressenti.
C’est le plus souvent totalement inconscient.
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Se pose alors un double problème soulevé aujourd’hui : à vouloir trop enlever le gras, des déséquilibres et des carences naissent pour certains types de graisses, indispensables pour le bon fonctionnement des membranes cellulaires de tout notre corps, entrainant à leur tour d’autres maux, d’autres pathologies.
Quant au sucre sous toutes ses formes, les études mettent à présent l’accent sur son rôle dans le surpoids.
Pourquoi ?

Lorsque nous parlons de sucres, nous parlons en réalité de toute la famille des glucides (voir article nutrithérapie).
Ce sont les aliments qui vont se transformer en glucose (sucre) dans le sang et agir sur le taux de glycémie (dosé dans vos analyses sanguines et surveillé pour le risque de diabète),
Une partie du glucose circulant dans le sang est utilisé directement par certains organes et en particulier par le cerveau pour leur fournir de l’énergie.
La partie non utilisée est transformée et stockée dans les muscles et le foie mais ce stockage est limité et ne permet pas d’absorber l’excédent alimentaire chronique en sucre souvent présent aujourd’hui dans notre alimentation.
L’organisme va alors transformer cet excédent en triglycérides, c’est à dire en graisses.

petit-dej surpoids « Mais je ne consomme pas de sucres ! » me disent certains.

Est-ce bien sûr ? Il est vrai que le sucre simple blanc est souvent assez contrôlé mais qu’en est-il de tous les autres glucides ? 
Toutes les céréales, transformées sous de multiples formes (pain, pâtisseries, pâtes, quiches, pizzas, viennoiseries, semoule ….), les pommes de terre, les confitures « naturelles »que l’on fait soi-même sans compter tous les additifs « de sucre », présents sous de multiples dénominations, que l’on trouve dans toutes les préparations industrielles.

Attention, là encore, la solution n’est pas de supprimer tous les glucides et de se retrouver confronté au même type de phobie qui existe pour certains à propos du gras.
Il y a juste importance à apprendre à être vigilant par soi-même sur la quantité mais aussi sur la qualité des glucides ingérés.

A ceci se rajoute un élément très intéressant dans le cadre d’un régime amaigrissant : la notion d’index glycémique des glucides. L’index glycémique d’un aliment est sa capacité à élever le taux de glucose (de sucre) dans le sang.
Donc à choisir, il s’agit de favoriser la consommation des aliments à IG bas et modérés tout en restant dans la modération.

Tout ce qui vient d’être dit explique le pourquoi des régimes protéinés et leur succès.
Par définition, une protéine n’est ni un sucre ni une graisse donc pas de risque pour le poids.
Les protéines ont en plus un très gros avantage, elles rassasient.
Elles vous sont donc données en majorité pour ne pas souffrir de la faim et si vous résistez à l’envie de consommer par ailleurs des glucides, vous allez perdre du poids.
En effet, le corps a besoin de glucose pour fabriquer de l’énergie et vivre.
Comme vous n’en apportez plus dans l’alimentation, Il va devoir le fabriquer lui-même et ce, à partir de vos réserves de graisses.

Voilà pour ce qui est du processus physiologique mais encore une fois, nous ne sommes pas des machines et la vie de notre organisme est mille fois plus complexe que cela.
Alors, bien évidemment, dans ce type de régimes là aussi, il y a rapidement des limites et le danger de déséquilibre est réel à partir d’un certain temps.
Sans compter l’ennui et l’écœurement que va provoquer le fait de toujours manger les mêmes choses.
Ce à quoi on peut ajouter, la sensibilité de chacun par rapport au fait de consommer beaucoup de viandes (en liaison avec ce type de régime) et la nécessité d’être vigilant quant à sa provenance.
Ce qui a un coût !

De nombreux régimes sont également hypocaloriques (autorisent entre 800 kcal et 1500 kcal) alors que les besoins moyens se situent autour de 2000 kcal.
Le but étant de favoriser en même temps un déficit énergétique afin que l'organisme absorbe moins de calories qu'il n'en dépense.
L'organisme va là aussi, devoir aller puiser dans ses réserves (votre graisse corporelle), pour fournir l'énergie manquante.
En maigrissant de cette façon, on perd de la graisse, mais aussi du muscle.
A terme, cela va avoir pour conséquence, une diminution du métabolisme de base (proportionnel à la quantité de muscles) et vous allez maigrir de moins en moins puis plus du tout.

Sans compter que l’organisme que vous mettez à la diète régulièrement, a de la mémoire.
Il a, de tout temps, appris à s’adapter à la famine.
Les régimes que vous vous imposez sont vécus aussi par votre corps comme des souffrances, des périodes de déficits, de disettes.
Alors ensuite, quand vous allez vous offrir le moindre écart, il va s’empresser de mettre de la graisse en réserve et à ce jeu-là, c'est lui le plus fort.

En réalité pour réussir, vous avez besoin de développer une autre stratégie globale.

Cela va passer par des changements d’habitudes alimentaires et d’hygiène de vie, certainement, mais ces changements ont besoin d’être faits en douceur, en toute conscience avec une réelle bienveillance et acceptation de votre part.
En étant à la fois à l’écoute et dans le respect des besoins de votre corps et aussi de votre psyché donc de vous même à différents niveaux.
C'est cette prise en compte et cette collaboration globale de votre être qui va faire la différence.
Cesser de faire appel uniquement à la volonté, au raisonnement, à la technique mais plutôt de choisir la compréhension, la douceur, le non jugement et la confiance en vous dans votre démarche.

Dans ce cheminement, vous allez peut être découvrir, si ce n’est déjà fait, que la nourriture et le poids sont votre manière à vous de faire face à des émotions, à des situations qui vous semblent ingérables.
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Un de mes formateurs nous enseigne : « vous n’avez pas le corps que vous souhaitez mais vous avez le corps dont vous avez besoin. Essayez de comprendre votre besoin, et votre corps n’aura peut-être plus besoin de le porter dans ses formes ».

C’est à la fois ces mises en conscience de vos fonctionnements et ce rapprochement d’avec votre corps et de vous-même qui vous permettent de changer enfin vos habitudes alimentaires durablement et votre silhouette.
Personne n’est dupe.
Il y aura encore des défaillances, des périodes de doutes.
Il faudra y revenir et faire des piqures de rappel.
Pour autant, en profondeur, il s’agit d’une réconciliation avec soi-même.
C’est loin d’être simple mais sachez qu’à partir de là, tout est possible.


Pour aller un peu plus loin sur le sujet par vous-même, je vous propose la lecture de deux ouvrages.

"maigrir c'est dans la tête" du Dr G.Apfeldorfer et "Les femmes, la nourriture et Dieu" de G.Roth.(voir lectures proposées).
Ce dernier livre, malgré son titre, ne s'adresse pas qu'aux femmes et ne parle pas de religion.
Le contenu et le message du livre ciblent un type de population mais, en realité s'adressent à toute personne en incohérence avec elle même et au prise avec une addiction quelle quelle soit.

Attention, ces livres ne sont pas des recettes pour maigrir mais proposent plus un cheminement personnel pour y arriver. 

Lu 4462 fois Dernière modification le mercredi, 31 mai 2017 10:17