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Édulcorants : a éviter

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"Édulcorants, pas vraiment utiles et sans doute pas inoffensifs !

Le remplacement du sucre alimentaire par des édulcorants semblait une bonne idée, mais il aurait fallu pour cela, qu'ils soient efficaces dans l'objectif recherché, non toxiques, et sans effets délétères sur le métabolisme.

Les évaluations de l'efficacité vis-à-vis du surpoids donnent des résultats contradictoires, avec parfois des effets bénéfiques, parfois un effet contraire à celui recherché.
L'absence de toxicité en principe garantie pour les produits autorisés est suspecte pour certains édulcorants de synthèse.
Les effets sur le métabolisme sont mal connus.
Compte tenu de la complexité de la régulation de la sécrétion d'insuline, il est tout à fait possible que l'utilisation d'un leurre sucré embrouille les mécanismes biologiques qui ne peuvent plus répondre de manière optimale à certaines situations, ce qui induit une intolérance au glucose.
Sur ce phénomène, on disposait jusque-là d'observations plus que de preuves.
L'étude parue récemment dans Nature (1) apporte des éléments nouveaux suite à plusieurs expérimentations menées chez l'homme et la souris.

  • Lors d'une administration de trois édulcorants différents (saccharine, sucralose, aspartam), en comparaison avec divers lots de contrôle (eau, glucose, sucre ordinaire), une diminution significative de la tolérance au glucose apparaît dans les trois lots qui ont pris un édulcorant, et dans aucun lot de contrôle. Il semble donc plus bénéfique, pour préserver la tolérance au glucose, de consommer des vrais sucres plutôt que des leurres.
  • La reproduction de l'expérience précédente en traitant les souris avec un antibiotique large spectre ne permet pas de retrouver la différence entre les lots avec et sans édulcorant.
    Ce qui laisse penser que le mécanisme de l'effet observé précédemment impliquerait la flore intestinale.
  • Une analyse génomique de la flore intestinale montre des perturbations notables chez les souris ayant pris des édulcorants, ce qui évoque leur action directe sur les bactéries intestinales.
  • Enfin, une expérimentation sur 7 volontaires humains a montré pour 4 d'entre eux une baisse significative de la tolérance au glucose, comme chez les souris.

Cela n'apporte pas des données suffisantes pour remettre en cause les édulcorants, mais un début de confirmation de ce qu'un bon sens biologique imaginait.
Leurrer un organisme dont la complexité des mécanismes nous échappe entraîne des effets collatéraux qui ne sont pas forcément visibles mais peuvent avoir des conséquences néfastes.
Cette publication est avant tout une invitation à confirmer cette perturbation métabolique liée aux édulcorants (qui concernerait aussi la stévia), mais il se peut qu'une telle recherche ne trouve pas facilement de financement !"

Référence

(1)Suez J. et coll. : Artificial sweeteners induce glucose intolerance by altering the gut microbiota - Nature, 2014, 514: 181–186. - Résumé

Source article : Synphonat - Lettre aux Praticiens - décembre 2014

Lu 2695 fois Dernière modification le mercredi, 03 décembre 2014 09:17
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